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Serge Bozon, rock’n’film

Serge Bozon porte des écharpes en imprimés à carreaux, a les cheveux un peu en bataille et adore les vieux vinyles. A 43 ans, Serge Bozon a déjà vécu, ou sinon tenté de vivre plusieurs vies. Il fut tour à tour critique de cinéma, réalisateur, acteur, prof de philo, chercheur en logique mathématique et même DJ amateur. Au delà de cette pléiade de titres dont il ne se vante pas, Serge Bozon est avant tout un puits de culture.
Quand il monte sur scène lors de l’ouverture de la 15ème semaine du cinéma français, Serge Bozon est peu bavard et préfère « aller à l’essentiel » lorsqu’il répond aux questions de l’animatrice. Heureusement, dans un cadre plus intime, il devient plus loquace et se laisse aller avec plaisir à de longues argumentations. Serge Bozon aime parler de tout, de cinéma bien sûr, sous toutes ses formes, mais aussi de rock, de politique ou de la jeunesse. Il est passionné, Serge Bozon. Il clame ne pas s’intéresser aux nouvelles technologies ou aux documentaires mais l’étendue de la précision de son savoir sur d’autres sujets en impressionnerait plus d’un.

Pour Serge Bozon, un bon cinéaste doit d’abord aimer les films, s’y intéresser, se construire une culture personnelle. Il doit être un critique comme lui en a été un. Lorsqu’on l’interroge, il est évident qu’il préfère parler des films des autres et notamment du cinéma français des années 30 et 70 « les décennies les plus intéressantes », selon lui.

Cinéphile, Serge Bozon est aussi mélomane. Lorsqu’il parle Serge Bozon est lui même musical. Sa voix ponctue ses phrases de modulations volumiques. Il parle vite, et ne manque pas un parallèle possible entre musique et cinéma. Ses films sont tout en chansons et lorsqu’on lui propose d’animer la soirée d’ouverture, il saute aux platines.

Serge Bozon aime commencer ses phrases par : « Vous allez croire que je suis réac’ mais… ». Il ose revendiquer son amour d’un certain savoir-faire du passé en comparaison de l’immédiateté de la société actuelle. Il regrette ne plus avoir à faire des efforts pour récupérer le 35 tours de son nouveau groupe préféré.
Serge Bozon aime les vinyles comme il aime les pellicules. Il veut de l’authentique, pas du numérique. « L’internet j’aurais préféré que ça n’existe pas ».

 

Lors de la 15ème semaine du cinéma français, ce réalisateur multi-casquettes présente au public allemand son dernier long métrage en date Tip Top, un film qui selon les critiques est aussi rock’n’roll que lui.

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