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Mustang, nouvelle étoile féminine du cinéma turc

Cinq jeunes soeurs, vivant dans un village côtier de Turquie, au bord de la mer noire sont placées sous le régime tyrannique d’une moralité traditionnelle que l’on voudrait indécente de nos jours.

C’est envers et contre tous, que ces jeunes filles défient un patriarcat, luttant avec ferveur pour une liberté si chère. S’il peut sembler naturel pour une fille de devenir une femme, c’est la suppression de ce développement naturel innocent que la réalisatrice Deniz Gamze Ergüven traite dans son premier film de manière saisissante. La grand-mère et l’oncle, ayant la garde des jeunes soeurs depuis la mort des parents, vont devenir les figures catalysatrices de cet emprisonnement physique et émotionnel, à la suite des dires de la voisine qui dénonce un comportement inconscient et provocant.

L’emprisonnement prendra alors des allures inconsidérées. Tous les objets structurants de la vie d’adolescente seront interdits dans la maison, les soeurs n’auront plus le droit de sortir sans autorisation et apprendront à devenir de parfaites petites femmes d’intérieur (cours de cuisine et de couture sans relâche).

Il s’en suit le début d’une résistance en tous sens, qui malheureusement ne change rien au jugement d’une décision irrévocable. Ainsi, chacune des soeurs semble, tour à tour, accepter ces préceptes d’un autre temps. Alors, que faut-il choisir ? L’oppression ou la résistance ? Accepter l’inacceptable ou fuir vers un avenir meilleur ? Parfois radicale mais toujours aussi bouleversante, la décision adoptée par chacune d’entre elle en est que plus décisive. Avec humour et une sensibilité aiguë, Mustang dépeint un portrait sensible et déchirant de la condition féminine en Turquie, personnifié par une sexualité naissante. Tour à tour, chacune des soeurs se voit contrainte, portant conséquences sur leur destin. Ces cinq jeunes filles excellent dans un premier rôle ; une performance qui apporte une énergie vibrante et solaire au film. Une nouvelle voix du cinéma turc est née. Ce premier film poignant, nommé lors de la Quinzaine des réalisateurs de Cannes et déjà récompensé à maintes reprises en Europe fait acte d’intentions audacieuses dont on a grandement envie de se souvenir (et prolonge l’espoir encore pour longtemps).

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