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Microbe & Gasoil ou la nostalgie des joies de l’enfance

Dessinateur à ses heures perdues, Daniel est un collégien, âgé de 12 ans, fluet aux cheveux longs et à l’allure misogyne baptisé Microbe. Théo, du même âge et toujours vêtu d’un blouson en cuir façon motard, très mature et adorant la mécanique est surnommé Gasoil. Ces deux compères se lient vite d’amité et, désireux d’évasion, décident de se construire une voiture en bois pour partir sur les routes de France à la fin de l’année scolaire, pendant les grandes vacances d’été.

Cette voiture-caravane non homologuée sera montée de toute pièces par des objets trouvés à la casse où ils se rendent, même par tous les temps, faisant les encombrants. C’est alors qu’ils vont réussir à trouver tous les éléments utiles à la construction d’un engin roulant aussi peu formaté que leurs imaginaires qui deviendra bientôt la caravane de voyage des deux amis ; comble de l’esprit imaginaire gondrien.

Après le dernier film documentaire dessiné Is the Man Who Is Tall Happy?: An Animated Conversation with Noam Chomsky, la figure créatrice d’homme bricoleur accordée à Michel Gondry, est bien moins perceptible dans son dernier film, Microbe & Gasoil. Même si le savoir-faire s’en trouve diffus et les artifices plutôt poussiéreux comparé au grand film La Science des rêves, la voiture-caravane demeure l’objet central du désir d’évasion et permet donc un voyage initiatique, digne d’un genre de highschool comedy.

Cette caravane devient alors le lieu de toutes les questions, de toutes les révélations. Michel Gondry traite d’une histoire d’amitié hors normes qui pourtant retranscrit le désir commun d’évasion, d’insolence et de rébellion d’un âge où l’on se découvre. Le système D des deux amis reflète la touche Gondry, dont l’énergie créative est toujours faite de bric et de broc. La photographie du film comporte un charme certain et parle à tous ceux qui, un jour, ont eu l’impression de ne pas être compris, ni par leurs copains d’école, ni par leurs parents. Même si l’action se déroule de nos jours, Microbe & Gasoil nient le temps présent et ne se reconnaissent pas dans les expressions à la mode, du verlan ou des high-fives d’aujourd’hui. D’ailleurs, Microbe abandonne le smartphone prêté par son frère, d’une manière très originale. Et d’y comprendre un message lancé ici par le réalisateur qui serait de nous rappeler que l’évasion, qu’elle soit réelle ou rêvée ne se vit que pleinement à travers la fantaisie et l’imaginaire, et n’a pas besoin de « s’encombrer » d’objets inutiles. Finalement, les objets trouvés eux aux « encombrants » sont bien plus utiles aux aventuriers que sont Microbe et Gasoil qu’un téléphone portable dont l’application GPS leur demeure introuvable.

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