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Génération sans repère

 

 

Malgré leur marathon d’interviews, Daniel et Emmanuel Leconte , père et fils réalisateur du film, nous accueillent, détendus dans leur suite du 5ème étage du Sofitel de Kurfürstendamm. Un jour avant l’avant-première allemande de L’humour à mort ou Je suis Charlie (titre international) dans le cadre de la semaine du film français de Berlin, ils avaient présenté leur documentaire à Paris.

Durant une demi-heure, nous ne parlons pas du film en lui-même. Père et fils répondent aux questions posées par les blogueurs allemands pour rappeler le contexte actuel en France et les derniers évènements de novembre s’ajoutant à la liste des drames de l’année 2015.

Les rôles s’inversent rapidement, Daniel, le père, devient le questionneur. Inquiet de l’avenir, il se demande si notre génération est-elle bien préparée à ses évènements. Est-ce que nos parents, nos politiques n’ont-ils pas ratés, oubliés de nous transmettre ce qu’est la liberté ?

«  Dire que l’Europe, c’est formidable : ça c’est formidable. Mais dire que c’est quelque chose d’acquis pour l’éternité, c’est fou de dire une chose pareil ! » Daniel Leconte

Je suis Charlie nous avertit de la suite que pouvait prendre le développement social après cet attentat perpétré.

Mêlant témoignages et archives, ils expliquent leur rencontre avec Soufiane Zitouni, ancien enseignant d’un lycée musulman du nord de la France, abordant la thématique de l’islam dans la société française. C’est le moment où le film se détache peu à peu de l’hommage aux dessinateurs mettant ainsi en perspective les nouveaux défis et enjeux à venir.

À l’instar de son père (qui était proche des victimes de Charlie), Emmanuel Leconte a souhaité pour sa part « faire rapidement » ce film comme un devoir de mémoire pour que l’esprit du 11 janvier soit présent à travers leur documentaire.

Leconte père nuance ses propos et rajoute : «  Notre génération est responsable de n’avoir pas raconter la vraie histoire. On a un devoir de transmission. J’ai le sentiment qu’on n’a pas transmis.»

Nous appartenons à cette génération sans repère, où l’on vit au jour le jour.Peut-être ce soir, nous allons avoir une réponse à notre avenir avec les résultats régionaux.

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