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Fidélio, elle préfère l’amour en mer

Une jeune femme, nue dans la mer. C’est ainsi que s’ouvre FIDELIO – L’ODYSSÉE D’ALICE. Elle s’apprête à quitter son petit ami, dessinateur norvégien, pour embarquer sur un bateau marchand où elle est mécanicienne. Elle sera la seule femme à bord. Ici Pénélope est un homme et Ulysse, une femme.

Alice, cheveux bouclés et corps frêle, arrive sans peur dans un univers totalement masculin, physique, où la mort n’est jamais très loin.
Le bateau, la machinerie, la cabine, autant de décors auxquels les spectateurs ne sont pas habitués. Eux, aussi, sont déconnectés, comme Alice qui, une fois embarquée, vit une vie parallèle : « ce qui se passe en mer reste en mer ».
Elle combat son impression de solitude en assumant ses fantasmes. Seule femme en mer, le pouvoir de séduction est décuplé. Les désirs aussi.
Ce premier film prometteur de Lucie Borleteau brosse un portrait de femme rarement vu au cinéma et révèle une actrice, Ariane Labed, connue pour plusieurs films du jeune cinéma grec qui a récemment attiré l’attention de l’Europe avec THE LOBSTER ou ATTENBERG. Ariane Labed représente tout un jeune cinéma nouveau et audacieux qui ne s’arrête pas dans les nationalités, mais s’intègre dans une communauté de cinéastes non-nationale.

Le personnage d’Alice n’est pas une femme seule mais une femme libre. Le film ose faire vivre un personnage féminin qui fait des choix, trompe et se trompe. Les personnages masculins semblent presque désemparés face à elle, sous le charme. Malgré les contradictions, c’est le désir qui fait la loi. Elle prend le pouvoir sur l’univers masculin.
Cet univers presque totalement inédit est très intéressant, cependant les questionnements amoureux restent en surface et sont contrairement, aux décors, déjà très explorés.
Même si ce premier film ne présente pas de « grandes stars populaires », il regroupe plusieurs visages montants du cinéma français comme Vimala Pons, découverte dans JE SUIS A VOUS TOUT DE SUITE, également projeté durant la semaine du cinéma français, Marc-Antoine Vaugeois et l’acteur norvégien d’OSLO 31 AOUT Anders Danielsen Lie. Sous le regard de Melvil Poupaud, ancien enfant-acteur et chouchou des réalisateurs exigeants comme Eric Rohmer, François Ozon, Xavier Dolan, cette nouvelle génération impose son style et une vraie liberté de ton.

Pauline ROBERT & Coline CRANCE

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