Le_Masque_et_la_Plume_littérature (1)

Critique à la radio : le cinéma sans image  

« À la radio, l’écran est plus large ». Guylaine Tappaz, journaliste française à Berlin, a choisi cette citation d’Orson Wells pour nous présenter la singularité de la critique cinématographique sur les ondes. Bien que la radio soit un média sans image, il est tout de même possible de parler de cinéma. Le spectateur est en mesure d’imaginer, d’envisager un film, une situation, un contexte.

En France, il existe une émission de radio culte consacrée au cinéma.  «Le Masque et la Plume » sévit depuis 60 ans sur France Inter. Emission d’abord consacrée au théâtre, elle donne toutes les deux semaines la parole à des critiques de cinéma, issus des grands journaux papier. La discussion, toujours très animée, prend parfois des tournures un peu burlesques mais toujours très plaisantes pour l’auditeur. Les critiques invités, pas toujours les mêmes, n’hésitent pas à exprimer clairement ce qu’ils pensent du film tout en avançant des arguments qui seront ensuite nuancés par les autres. Un véritable tour de table des sorties de la semaine, aussi bien autour des films d’auteurs que des films très populaires.

En Allemagne, il n’existe pas d’émission exactement similaire mais Guylaine Tappaz a tenu à parler de « Zwölf Uhr Mittags » (le titre allemand du film « Le train sifflera trois fois »), une émission de Radio Eins, présentée par Knut Elsterman et directement enregistrée aux studios Babelsberg. Si elle ne présente qu’un animateur et non pas une tablée de critiques, l’émission hebdomadaire diffusée le samedi de midi à 14h invite à son bord acteurs, réalisateurs et n’hésite pas à mettre à l’honneur un film particulier.
Le traitement de l’actualité cinématographique à la radio ne se limite pas à la critique et est aussi vaste que ce que peut proposer le format papier, une certaine spontanéité en plus. À la radio, il est aussi possible de brosser un portrait d’artiste, entrecoupé ou non d’extrait audio de la personne en question, de réaliser un reportage de fond, ou encore une critique argumentée. Là, aussi, le monteur à toujours la liberté d’intégrer ou non, un ou plusieurs extraits audio, d’une interview antérieur, d’une bande-annonce, d’un autre reportage.

Si la radio n’a pas d’image, elle a une voix. Celle-ci donne vie aux débats, aux visuels qu’on suppose, aux images qu’on devine. Elle permet de continuer à intéresser l’auditeur sans l’accroche hypnotique d’un écran, mais aussi de la perdre si celle–ci n’est pas assez accrocheuse.
La radio, contrairement au papier, garde une certaine spontanéité dans l’interview, une authenticité parfois difficile à maitriser.
Si la télévision n’a jamais tué la radio, c’est bien parce que cette dernière ouvre une place à l’imagination, précieuse et appréciée.

Ecouter l’émission Le Masque et la Plume 
Ecouter l’émission Zwölf Uhr Mittags

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