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Cannabis, la série qui respire la fraîcheur

La nouvelle série d’Arte, réalisée par Lucie Borteleau, nous amène au cœur d’un trafic de drogues à Villier, ville fictive « quelque part en France ».

Les deux premiers épisodes de la série créée par Hamid Hlioua, ont été diffusés en avant-première lors de la 16. Französiche Filmwoche Berlin (Semaine du cinéma français de Berlin). Encore une série sur la drogue ? Oui, mais le point de vue est neuf et la narration, originale. Entre France, Espagne et Maroc, nous suivons les différents belligérants d’un trafic sous haute tension.

La série s’ouvre sur la disparition, de Farid, un trafiquant basé en Espagne. Très vite, on comprend qu’un dénommé, El Feo, une sorte de Don Corleone de la drogue, accuse le porté disparu de lui avoir volé une grosse livraison de cannabis. Bien que le vol ait lieu en Espagne, ses répercutions se font ressentir jusqu’à Villier où, Morphée, le revendeur français d’El Feo ne voit pas sa commande arriver.  Pour découvrir où se trouve sa marchandise, Morphée se retrouve contraint de livrer l’un de ses collaborateurs dénommé Chams et qui n’est autre que le neveu de Farid. Car même si El Feo a obtenu vengeance, il n’a toujours pas mis la main sur sa marchandise et il compte bien sur le neveu pour la retrouver.

Compliqué ? Un peu oui, mais la série à la narration alternée assume la complexité de son récit. D’abord jetés à la figure du spectateur sans explication pour le perdre comme on sèmerait la police à l’entrée d’une cité, les protagonistes se dévoilent au cours du premier épisode et rapidement le puzzle s’assemble. Cannabis est construit comme une partie d’échecs dans laquelle El Feo, qu’on nous présente comme le maître du jeu, n’est autre qu’un vulgaire pion sur lequel pèse une épée de Damoclès. Le vrai maître de ce jeu est la drogue. Elle paie les loyers, régit les liens sociaux, menace les familles, disparaît et par moment, elle tue. Surtout elle souffle un nuage d’épaisse fumée sur les frontières entre « bien et mal », si bien que se crée une empathie pour Chams, l’un des protagonistes, qui derrière son apparence de petit fils attentionné cache un trafiquant de drogue maître de son commerce. Si dans une partie d’échecs classique les pions sont soit noirs, soit blancs, dans Cannabis tout est gris. On observe la morale à travers des pupilles dilatées. Personne n’est bon ou mauvais, personne n’est intouchable ou complètement démuni. Tout est à nuancer. Un entre deux qui révèle de très intéressants personnages munis d’une grande complexité.

La force de Cannabis est son histoire au plus proche du réel. Amateurs de séries américaines inondées de coups de feu, de sirènes de police et de « punchlines » à tout va, abstenez-vous. Ou du moins, attendez-vous à autre chose. Ici la violence est subtile. Chaque épisode nous embarque dans une balade, une enquête, une recherche. Pas de « cliff hanger » à tout va, on avance pas à pas, en français en espagnol, en arabe ou en anglais. La série est d’un genre hybride à cheval entre le thriller et le drame qui vise un vaste public.

Je conseille fortement de regarder Cannabis dont les 6 épisodes seront diffusés par séries de 3 ce soir (Jeudi 8 décembre) et jeudi prochain (15 décembre) sur Arte à 20h55 !

 

 

 

 

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